Les éco-activités en forum débat à Chavagne
« Les éco-activités pour sortir de la crise » était le thème du premier des trois débats locaux organisés en préfiguration du Forum Libération, à Rennes, du 20 au 22 mars prochain. Vendredi 6 au soir, une quarantaine de personnes sont venues écouter Robert Gestin, président du Conseil de développement économique et social du pays de Rennes (Codespar), chef d’une entreprise de communication, consultant en développement durable, vice-président de la Chambre de commerce…
Un théâtre-forum commence par une bonne prise de contact entre
participants. (photo Rennes Métopole)Après un détour par des courts-métrages iraniens sur la mondialisation, une vidéo de Gilles Le Blanc, économiste à l’Ecole des Mines, précisait la notion de développement durable. D’après lui, les éco-activités ne vont pas former une nouvelle filière, comme il y a quelques décennies les TIC, mais elles vont se disséminer dans l’ensemble des systèmes de production, portées par de nouvelles compétences, qui vont se mélanger aux autres. Après les cols bleus et les cols blancs, les cols verts seront le moteur d’une évolution de fond de l’appareil productif.
Scénarios catastrophe La seconde partie de soirée, tout aussi détendue, était consacrée au théâtre-forum, préparé par une dizaine de volontaires avec Yannis Camus, de l’association Alter Ego. En trois saynètes, ils ont présenté les éléments du débat : autour de la chasse au gaspi au travail, autour de la nourriture bio au restaurant d’entreprise et un débat « entre écolos » cherchant à distinguer la décroissance du développement durable.
Ce dernier thème a ensuite été creusé par toute l’assemblée, dont des spectateurs devenaient acteur à tour de rôle. « La décroissance, tout comme le développement des pays riches, sont deux scénarios catastrophe », avançait l’un. « Je préfère parler de dé gaspillage », précisait l’autre. « Il nous faut évaluer la croissance avec d’autres critères que les critères économiques », complétait un troisième. Et enfin, « les pays riches ne peuvent imposer la décroissance aux pays en voie de développement », affirmait une dernière.
En guise de conclusion, Robert Gestin a rebondi sur quelques uns ce ces arguments. « Notre perception du temps, linéaire, n’est pas partagé en Asie, qui en a une vision cyclique. Une vision de la croissance durable rompt avec celle qui voudrait qu’un cycle de production commence avec des « intrants » pour finir par la destruction des produits, qui devront être remplacés. Une économie circulaire étudie comment matières premières et matières fabriquées sont recyclées. » Et d’ajouter : « La croissance des pays riches n’est pas uniquement due à l’innovation, mais aussi parce que les matières premières n’ont pas été payées à leur juste prix ».
Conseil bibliographique : Joseph Stieglitz, prix Nobel d’économie 2003,
« La grande désillusion ».